Historique
Créée en 2010 par Simon Carrot, La Tournoyante développe une écriture contemporaine du cirque en questionnant les frontières du genre au travers de projets conçus pour l'intérieur et pour l'extérieur.
Simon crée d'abord plusieurs spectacles s'appuyant sur la notion d'objet ou d'agrès transformés : Limbes
(2011), Kosm (2013) et No/More (2016).
A partir de 2017, il développe une recherche spécifique, art-science, autour de l’électromagnétisme. Cette recherche a donné naissance à un dispositif modulable inédit baptisé le Dispesant qui génère des situations de "gravité transformée" et donne lieu à de nouveaux gestes circassiens et chorégraphiques.
En 2019, après 2 ans de recherche pour développer et construire le Dispesant, Simon réunit 3 circassiens pour lancer la première création du Projet MÛ qui aboutira aux Petites Formes du Projet MÛ et au spectacle Mû, sortis en 2020. Ces formes exploitent différents modules (mûrs, plafonds, plans inclinés) où les acrobates se déploient dans différentes dimensions.
Convaincu que le module « plan incliné » est porteur d'un fort potentiel, Simon réunit une équipe agrandie de 5 acrobates et 1 musicien pour développer une forme de pré-figuration de 20 minutes, On ne s'étonne plus assez de marcher sur la Terre, sortie en 2021.
Fort de cette expérience, il s'attèle enfin à la création du spectacle Collapsing Land qui sort en 2024 et tourne actuellement.
Au fur-et-à-mesure des différentes créations, l'équipe s'est agrandie pour constituer un véritable cheptel d'artistes aux origines et aux disciplines diverses. Ensemble, ils développent autour du Dispesant une pratique à part entière et un vocabulaire chorégraphique commun.
En 2025, face au contexte d'un modèle culturelle profondément ébranlé, le groupe se constitue en collectif qu'il conçoit comme un acte de résistance.
Manifeste du fondateur
« Pour moi, faire du cirque a toujours été une façon de retrouver le lien profond qui me relie au monde.
C'est une tentative de m'extraire de ma propre subjectivité en me confrontant à la réalité objective, c'est-à-dire à la réalité des objets.
Je me méfie des pensées, des points de vue, des propos, qui inévitablement engendrent les conflits.
Je crois en la vie en tant que matière vivante, comme à une chose infinie et ininterrompue qui nous connecte.
C'est elle que je souhaite comprendre; c'est d'elle que je souhaite apprendre. A travers ma recherche circassienne, j'ai cherché des moyens pour entrer en contact avec elle, comme on soulèverait un voile pour voir enfin.
J'ai questionné les principes physiques qui sont les conditions même de mon existence. J'ai exploré le magnétisme pour comprendre les flux invisibles qui nous attirent et nous repoussent comme de minuscules planctons ballottés par les vagues.
Plus j'avance et plus je suis convaincu que c'est dans cette confrontation au réel, dans cette écoute du monde, dans ce silence intérieur, que nous pouvons trouver les réponses aux problèmes concrets qui nous agitent en tant qu'individus ou en tant qu'espèce.
C'est l'enjeu de ma recherche sur le dispositif : créer les conditions d'une situation où le sens émerge de lui-même au travers de l'interaction. J'ai créé le dispesant pour qu'il mette en relation des individus et leur permette d'éprouver à la fois l'objectivité et l'intersubjectivité qui les anime.
Si au départ le dispositif était au cœur de ma recherche, c'est aujourd'hui le groupe qui s'est rassemblé autour de lui, comme des particules de limaille sur un aimant, qui constitue l'essence même de ce projet, la matière avec laquelle je souhaite poursuivre mon travail. Et je suis chaque jour plus enchanté de la façon dont la vie a fait de ma démarche solitaire un voyage collectif. »
Simon Carrot

Simon Carrot grandit sur un plateau d'Ardèche. Palmira Picon-Archier, alors organisatrice du Festival de la Manche, le prend sous son aile dès ses débuts et l'aide à présenter ses premières créations dans plusieurs festivals. C'est donc tout naturellement que la compagnie y est implantée et est depuis ses débuts et associée au CNAREP – Quelques p'Arts... Elle est aussi régulièrement accompagnée dès ces débuts par La Cascade, Pôle National des Arts du Cirque et le Théâtre de Privas puis plus largement par le Groupe de 20 en région.
Les trois premières créations de la compagnie sont Limbes (2011), Kosm (2013) et No/More (2016)
En 2017, Simon Carrot initie une recherche autour de l’électromagnétisme pour questionner notre condition d’humain soumis à la gravité et dévoiler notre réalité sous de nouvelles perspectives.